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2026-06-16

- Chronique juridique de Me Son Dong-hu, avocat américain du cabinet d'avocats (SARL) Daeryun
À mesure que s'amorce véritablement le cycle successoral de la première génération d'immigrés coréens aux États-Unis, le paradigme de la gestion patrimoniale glisse rapidement de l'« accumulation » à la « transmission ». Si, par le passé, l'enjeu se concentrait sur l'installation locale et l'éducation des enfants, la question centrale est désormais de savoir comment transmettre de manière sûre et efficace à la génération suivante le patrimoine bâti tout au long d'une vie. En particulier, pour les personnes fortunées dites « transfrontalières » (Cross-border) détenant des actifs à la fois en Corée et aux États-Unis, la succession et la donation soulèvent des questions juridiques complexes qui dépassent le simple transfert de patrimoine au sein de la famille. Du risque de double imposition d'un même actif par les deux pays jusqu'à la possibilité de poursuites pénales pour défaut de déclaration à l'étranger, les écueils sont nombreux, et l'absence d'une stratégie fine peut se traduire directement par une perte de valeur du patrimoine.
La première difficulté pratique tient aux critères d'imposition différents des deux pays. Les États-Unis exercent leur pouvoir d'imposition sur le patrimoine mondial en fonction de la citoyenneté ou du domicile (Domicile) aux États-Unis. Un citoyen américain résidant en Corée peut être imposable dans les deux pays, ce qui rend indispensable une analyse précise du périmètre d'imposition et de l'applicabilité du crédit d'impôt étranger. Toutefois, en 2025, le plafond d'exonération de l'impôt fédéral sur les successions est d'environ 13,61 millions de dollars (environ 27,22 millions de dollars pour un couple), de sorte que les redevables effectifs représentent moins de 0,1 % de l'ensemble des décès. Cependant, du fait de l'expiration du TCJA fin 2025, ce plafond d'exonération pourrait être réduit de moitié, ce qui nécessite une préparation anticipée.
La différence quant au redevable de l'impôt constitue également un risque critique. En Corée, c'est le bénéficiaire qui reçoit le bien qui supporte l'impôt, tandis qu'aux États-Unis c'est le donateur qui transfère le bien qui est redevable. Non seulement le redevable diffère, mais l'absence de convention fiscale sur les droits de succession et de donation entre la Corée et les États-Unis fait que la double imposition n'est pas entièrement éliminée, ce qui entraîne fréquemment une érosion de la valeur du patrimoine.
Outre la fiscalité, les procédures administratives et la réglementation des changes constituent aussi des obstacles à ne pas négliger. Il faut être conscient que le défaut de déclaration des biens reçus par succession ou donation au titre de la loi sur les opérations de change peut, au-delà d'une simple amende administrative, faire l'objet de poursuites pénales selon les cas. Aux États-Unis également, la détention d'un solde annuel cumulé égal ou supérieur à 10 000 dollars sur des comptes financiers coréens fait naître une obligation de déclaration FinCEN 114 (FBAR) et Form 8938 (FATCA). En cas de manquement, une amende civile pouvant atteindre 50 % du solde du compte ainsi que des poursuites pénales sont possibles, ce qui en fait l'un des risques les plus fréquents en pratique.
Par ailleurs, la procédure d'homologation successorale américaine (Probate), qui se déroule sous le contrôle du tribunal et requiert un temps et un coût considérables, représente une charge administrative réelle pour les héritiers. Pour résoudre ces problèmes à multiples niveaux, les milieux juridiques s'intéressent depuis peu à des alternatives recourant au « trust ». Aux États-Unis, le recours au living trust (Living Trust) pour transmettre le patrimoine en évitant la procédure d'homologation est déjà répandu. Toutefois, si le living trust est efficace pour éviter le probate, il n'a aucun effet d'optimisation de l'impôt fédéral sur les successions. Si l'objectif est l'optimisation fiscale, il faut concevoir des structures distinctes telles que l'Irrevocable Trust, l'ILIT ou le GRAT.
En Corée également, depuis les récentes décisions de la Cour constitutionnelle déclarant inconstitutionnel et incompatible avec la Constitution le régime de la réserve héréditaire, un fondement juridique respectant la volonté du défunt s'étant dessiné, la demande de structures de transmission sur mesure telles que les trusts testamentaires augmente rapidement. En définitive, l'essence de la gestion patrimoniale transfrontalière ne réside pas dans une simple optimisation fiscale, mais dans l'élaboration d'une « stratégie intégrée » englobant le droit, la fiscalité et la réglementation des changes des deux pays. Seule une conception fine, capable de coordonner les particularités procédurales de chaque pays ainsi que les récentes évolutions jurisprudentielles, constitue l'unique voie pour préserver intégralement la valeur de la fortune bâtie tout au long d'une vie et la transmettre en toute sécurité à la génération suivante.
Le journaliste Lee Dong-o (canon35@mt.co.kr)
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Les pièges de la succession transfrontalière Corée–États-Unis... l'ignorance peut mener à la double imposition, voire aux poursuites pénales (accéder)
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